03—04.11.2023
Une création de L’Association Disputons-Nous avec Charles Kleiber
Tout, tout de suite. Plus on en avait,
plus on en voulait : je prends, je consomme, je jouis, je jette. La terre a dit non.
Nous nous découvrons alors partie du vivant, menacés comme lui, vulnérables comme tout ce qui vit.
Ce qui était légitime, assuré, garanti, est mis en doute ou s’effondre. Nous entrons dans un territoire inconnu. Dernières générations ?
Une course de vitesse est engagée pour conserver une terre habitable. Combien
de temps reste-t-il pour changer ? Dix, vingt ans, ou plus ? Le compte à rebours est lancé. Le changement viendra-t-il avant la peur ?
Deux exigences existentielles nous imposent de changer : le respect des limites de notre planète et le respect de l’équité. C’est cela ou
le chaos. Mais rien ne change sans souffrances, sans peurs, sans pertes. Qui sera du bon côté de l’histoire ? Que sera l’histoire ? Nul ne sait. Car le changement est saut dans l’inconnu, conflit de vérités, de valeurs, épreuve de force, construction conflictuelle d’un nouvel ordre.
Mais il est aussi espoir, ouverture aux autres, découvertes inattendues. Il est fragile, se nourrit du chaos et de la mémoire des bonheurs possibles. Il ne se gouverne pas, prend forme quand l’impossibilité du présent devient
désir d’avenir. Quand des gens sont capables d’expérimenter et de s’unir autour d’un nou- veau récit du futur. Quand des femmes, des hommes, longtemps prisonniers de l’ordre des choses, choisissent l’action plutôt que la résignation, s’écoutent, se parlent, se disputent, osent imaginer les règles nouvelles qui les feront vivre ensemble. C’est le but
de « Dernières générations ? ».